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Pourquoi ai-je la boule au ventre le dimanche soir avant de reprendre le travail ?

4 sept.
7 min de lecture

Le dimanche touche à sa fin. Le week-end n’est même pas complètement terminé que vous pensez déjà au lendemain.

Vous regardez l’heure. Vous pensez à votre réveil, à votre trajet, à votre boîte mail, à la réunion de lundi matin ou simplement à tout ce qui vous attend.

Et progressivement, une sensation désagréable apparaît : boule au ventre, tension, fatigue, difficultés à profiter de la soirée, pensées qui tournent en boucle…

Pour certaines personnes, cette anxiété du dimanche soir revient presque chaque semaine.

Alors que pendant le week-end, tout allait plutôt bien, le simple fait de penser au lundi suffit à faire monter le stress.

Pourquoi cela arrive-t-il ? Et surtout, pourquoi cette réaction peut-elle devenir de plus en plus forte au fil des semaines ?




Pourquoi le dimanche soir peut-il provoquer autant d’anxiété ?


Le dimanche soir représente souvent une transition.

On passe d’un moment où l’on dispose davantage de son temps à une période où les contraintes, les horaires et les responsabilités vont reprendre leur place.

Pour certaines personnes, cette transition est simplement désagréable. Pour d’autres, elle déclenche une véritable montée d’anxiété.

Ce n’est pas forcément le lundi lui-même qui pose problème, c’est parfois tout ce que votre cerveau anticipe avant même que la journée ait commencé.


Vous pouvez par exemple penser :

« Je vais encore être débordé(e). »

« Je ne vais pas réussir à tout gérer. »

« Je vais devoir faire face à cette personne. »

« Je sens que je vais passer une mauvaise semaine. »

« Comment vais-je faire pour tenir toute la semaine ? »

Ces pensées peuvent sembler très rapides, voire automatiques, pourtant, elles ont un effet réel sur votre niveau d’anxiété.



Le cerveau peut réagir à ce qui n’est pas encore arrivé


L’un des mécanismes que l’on retrouve fréquemment dans l’anxiété est l’anticipation.

Votre cerveau essaie de prévoir ce qui pourrait se passer afin de vous protéger.

Anticiper peut être utile : Préparer une réunion, organiser son emploi du temps ou penser à ce que l’on doit faire le lendemain sont des comportements tout à fait normaux.

Le problème apparaît lorsque l’anticipation devient principalement tournée vers les problèmes possibles. Le cerveau ne se demande plus seulement :

« Qu’est-ce que j’ai à faire lundi ? »

Il commence plutôt à chercher :

« Qu’est-ce qui pourrait mal se passer lundi ? »

Et plus vous cherchez à prévoir les difficultés, plus votre cerveau peut avoir l’impression qu’il doit rester en alerte. C’est ainsi qu’un simple dimanche soir peut progressivement devenir un moment redouté.



« Pourtant, ma journée de travail n’est pas si terrible… »


C’est une remarque que l’on peut facilement se faire.

Vous pouvez avoir un travail qui vous convient globalement, de bonnes relations avec vos collègues et aucune raison particulière de redouter le lundi. Et malgré tout, ressentir une boule au ventre le dimanche soir. Cela ne signifie pas nécessairement que vous n’aimez pas votre travail.

L’anxiété ne dépend pas toujours uniquement de la situation objective. Elle peut aussi être liée à la manière dont vous interprétez ce qui va arriver et à ce que vous faites pour essayer de vous rassurer ou de garder le contrôle.


Par exemple, vous pouvez passer une partie du dimanche à :


  • vérifier votre agenda

  • regarder vos mails professionnels

  • préparer mentalement votre journée

  • repenser à une situation de la semaine précédente

  • imaginer les difficultés à venir

  • vous demander si vous allez réussir à tout faire


Sur le moment, cela peut donner l’impression de vous préparer, mais cela peut aussi empêcher votre cerveau de véritablement décrocher.



Pourquoi l’anxiété augmente-t-elle parfois dès le dimanche après-midi ?


Certaines personnes remarquent quelque chose d’assez particulier : elles se sentent bien le samedi et une grande partie du dimanche, puis l’anxiété apparaît progressivement à mesure que le lundi approche. Cela peut arriver parce que votre cerveau commence à faire le lien entre certains repères et la reprise du travail.

L’heure qui avance, le sac à préparer, le réveil à programmer, les vêtements pour le lendemain, la fin de la journée.

Toutes ces petites choses peuvent devenir des signaux annonçant la reprise.

Et si les dernières semaines ont été particulièrement stressantes, votre cerveau peut avoir appris à associer le retour au travail à une sensation de tension. : Le dimanche soir devient alors un moment où cette anxiété se réactive.


Quand le dimanche soir devient un moment de rumination


Il peut aussi arriver que l’anxiété du dimanche soir soit accompagnée de nombreuses pensées.

Vous repensez à ce qui s’est passé la semaine précédente.

Vous analysez une conversation avec votre collègue.

Vous vous demandez si votre responsable était satisfait.

Vous pensez à une tâche que vous n’avez pas terminée.


Puis une pensée en entraîne une autre. C’est là que le dimanche soir peut devenir particulièrement fatigant : vous êtes physiquement chez vous, mais mentalement déjà au travail. Si vous avez tendance à beaucoup repenser aux situations passées, j’ai également consacré un article à ce mécanisme : Rumination anxieuse : pourquoi vous ruminez et comment arrêter

L’objectif n’est pas de vous empêcher de penser. Il s’agit plutôt de comprendre pourquoi certaines pensées s’enchaînent et finissent par entretenir l’anxiété.



Pourquoi vouloir se rassurer peut parfois entretenir le problème ?


Lorsque l’on ressent de l’anxiété, on cherche naturellement à se rassurer. Vous pouvez par exemple vous dire : « Il faut que j’arrête d’y penser. » Ou vérifier une dernière fois votre agenda, regarder vos mails pour être certain(e) de ne rien avoir oublié.

Ces comportements peuvent effectivement vous soulager, mais seulement pendant un moment.

Puis le doute revient. Vous avez alors à nouveau besoin de vérifier ou de vous rassurer.

C’est ce fonctionnement qui peut progressivement entretenir l’anxiété.

Le but d’un accompagnement n’est donc pas simplement de vous apprendre à « vous détendre le dimanche soir ».

Il est aussi de comprendre ce qui entretient cette anxiété.



Que faire lorsque l’angoisse monte le dimanche soir ?


La première chose peut sembler paradoxale : ne pas chercher absolument à faire disparaître l’anxiété. Plus on se dit :

« Il faut absolument que je me calme avant demain »

plus on peut finir par surveiller son état intérieur : « Est-ce que je suis encore anxieux(se) ? », « Est-ce que ça va mieux ? », « Pourquoi je ressens encore cette boule au ventre ? »

Cette surveillance peut elle-même alimenter l'inquiétude. Vous pouvez plutôt essayer de revenir à ce qui se passe réellement dans le moment présent.

Votre journée de travail n’a pas encore commencé, vous n’avez pas besoin de vivre mentalement toute votre semaine le dimanche soir. Vous pouvez aussi remarquer les pensées qui apparaissent sans chercher immédiatement à leur trouver une solution.


Par exemple :

« Je remarque que je suis en train d’imaginer que ma semaine va être difficile. »

Cette simple prise de recul permet parfois de faire une différence entre une pensée et une réalité qui est déjà en train de se produire.



Et si le problème n’était pas vraiment le dimanche ?


Lorsque cette anxiété revient chaque semaine, il peut être intéressant de regarder ce qui se passe derrière.

Est-ce la charge de travail ?

La peur de ne pas être à la hauteur ?

Une relation professionnelle difficile ?

La peur du jugement ?

Le besoin de tout contrôler ?

La difficulté à poser des limites ?

La sensation de ne jamais avoir suffisamment de temps pour soi ?

Ou simplement l’impression que votre travail occupe beaucoup trop de place dans votre vie ?


C’est souvent en allant au-delà du symptôme que l’on comprend réellement ce qui se joue. La boule au ventre du dimanche soir n’est alors plus seulement un problème à faire disparaître. Elle peut devenir un signal qui permet d’identifier certains mécanismes anxieux.



Comment la TCC peut-elle aider face à l’anxiété du dimanche soir ?


La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) s’intéresse notamment aux liens entre les situations, les pensées, les émotions et les comportements. Dans le cas d’une anxiété avant la reprise du travail, on peut par exemple chercher à comprendre :


Situation : le dimanche soir approche.

Pensée : « Demain, je ne vais jamais réussir à tout gérer. »

Émotion : anxiété.

Sensation : boule au ventre, tension, accélération du rythme cardiaque.

Comportement : vérifier, anticiper, se rassurer, travailler à l’avance ou éviter de penser au lundi.

Soulagement temporaire.

Puis le même mécanisme peut recommencer la semaine suivante.

En TCC, le travail consiste notamment à identifier ces mécanismes et à expérimenter progressivement d’autres façons de réagir.

Il ne s’agit pas de se répéter des phrases positives ou de se convaincre que « tout va bien ». Il s’agit plutôt de comprendre ce qui fait fonctionner l’anxiété et ce qui permet de ne plus l’entretenir.

Si vous souhaitez mieux comprendre cette approche, j’explique également plus en détail comment la TCC peut être utilisée face à l’anxiété dans cet article :



Quand est-il utile de consulter ?


Avoir parfois une petite appréhension avant de reprendre le travail est courant.

En revanche, si vous ressentez une anxiété du dimanche soir presque chaque semaine, si elle vous empêche de profiter de votre week-end ou si elle commence à avoir des conséquences sur votre sommeil, votre humeur ou votre quotidien, cela mérite d’être pris au sérieux.

Vous n’avez pas besoin d’attendre d’être complètement épuisé(e) pour demander de l’aide.

Un accompagnement peut permettre de mieux comprendre ce qui déclenche votre anxiété, ce qui l’entretient et surtout de travailler progressivement sur ces mécanismes.



Et si vous pouviez retrouver des dimanches plus légers ?


Le dimanche soir n’est pas forcément condamné à devenir le moment où vous commencez déjà à subir votre semaine.

L’objectif n’est pas de ne plus jamais ressentir la moindre appréhension avant le lundi.

Il s’agit plutôt de pouvoir penser à la semaine qui arrive sans que votre corps et votre esprit se mettent immédiatement en état d’alerte.

Si cette boule au ventre revient chaque semaine, si vous anticipez constamment votre travail ou si vous avez l’impression de ne plus réussir à décrocher, il peut être intéressant de vous faire accompagner.

Je propose des consultations en TCC à Bayonne et en ligne, pour les personnes qui souhaitent mieux comprendre leur anxiété et retrouver davantage de liberté dans leur quotidien.



À retenir

Avoir la boule au ventre le dimanche soir ne signifie pas forcément que vous détestez votre travail.

L’anxiété peut être liée à l’anticipation, au besoin de contrôle, à la peur de ne pas réussir à gérer, au perfectionnisme ou encore à certaines difficultés rencontrées au travail.

Lorsque ce phénomène devient répétitif, comprendre le mécanisme permet souvent d’aller beaucoup plus loin que de chercher simplement à « se détendre ».

La TCC peut justement aider à identifie

r ces mécanismes et à modifier progressivement ce qui entretient l’anxiété.

Si vous vous reconnaissez dans cet article, vous pouvez prendre le temps d’en parler et de voir si un accompagnement pourrait vous être utile.

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